Alexandra Senes

Une immense collection d'assiettes touristiques, une cheminée recouverte de globes, des ampoules géantes au plafond, des enceintes grosses comme des armoires. Alexandra est une passionnée que rien n'ennuie, que rien n'arrête. De midi à midi, les horaires de sa prochaine fête. Elle vous parle de mille choses à la fois, de ses voyages, d'une exposition d'art contemporain, de ses amis architectes, d'un festival de musique dans les jardins d'un château anglais. Son esprit semble tout empli d'histoires à raconter, sur la vie, sur les artistes. Cette journaliste se nourrit de voyages, "de voyages à travers les mers et à travers les autres". Elle lance sa marque Kilometre, au nom évocateur puisque chaque vêtement raconte un lieu, évoque un souvenir, illustre un paysage de l'autre bout du monde. Alexandra y tient, elle n'est pas la créatrice de Kilometre mais la chef d'orchestre. C'est elle qui donne le rythme d'une main et impose le mouvement de l'autre. Celle qui insuffle poésie et sincérité à ses broderies sur chemises mexicaines ou ses beaux paniers à messages. Chaque pièce de ses collections est à la fois une carte postale et une oeuvre d'art, une oeuvre postale, une carte d'art. De son retour du Japon, de Californie, de Lisbonne ou de Tasmanie, elle imagine des modèles uniques de son atelier parisien, chez elle, dans le 8ème arrondissement. Alexandra est le soleil de Courcelles, rarement dans son appartement, Paris est gris. Mais dès son arrivée, l'avenue s'illumine, de soirées, de rencontres, de souvenirs des pays parcourus. Avec son mec, "B", prononcé à l'anglaise, ils ont fait de chez eux un véritable musée d'objets merveilleux et de curiosités où l'on aimerait pouvoir flâner un verre de vin dans la main toute la journée puis toute la nuit, bercé des récits d'aventures de nos hôtes. Tout est couleur ici, jusqu'à la peau dorée d'Alexandra, qui nous fait oublier le noir et blanc, le passé, pour un arc en ciel d'émerveillement, où tout semble possible à l'avenir.